Et si l’école inclusive fonctionnait vraiment ?

En Suisse, des élèves avec et sans besoins particuliers apprennent ensemble. Et lorsque les conditions sont réunies, cela fonctionne

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« Ensemble à l’école » : 10 minutes pour voir l’inclusion autrement

Dans le quartier des Pâquis (GE), Nadji salue les voisin·e·s, joue au football avec son meilleur ami et rêve de devenir cuisinier. À 9 ans, ce garçon porteur de trisomie 21 poursuit sa scolarité au sein de l’école publique genevoise, où un accompagnement personnalisé lui permet d’avancer à son rythme.

Bouton

Les protagonistes du film

La famille Matthey et leur fils Nadji sera filmŽe dans le cadre d'un documentaire pour insieme.

Nadji Matthey

Élève de 5P

La famille Matthey et leur fils Nadji sera filmŽe dans le cadre d'un documentaire pour insieme.

Joane Matthey

Maman de Nadji

La famille Matthey et leur fils Nadji sera filmŽe dans le cadre d'un documentaire pour insieme.

Niya Ezoba

Papa de Nadji

Les expert·e·s

Pourquoi ça marche ?

L’école inclusive ne repose pas sur une recette miracle. Elle fonctionne lorsque l’école se donne les moyens de faire une place à chaque élève.

 

 

Des professionnel·le·s qui travaillent ensemble.
Corps enseignant, directeur·trices d’établissement, professionnel·le·s spécialisé·e·s et familles échangent leurs savoirs et informations et coordonnent leurs actions.

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Inclusion scolaire : vous vivez une expérience positive ? Votre témoignage nous intéresse !

Ces familles pour qui l'inclusion scolaire fonctionne

Ecole inclusive : questions et réponses

  • L'école inclusive, ça veut dire quoi concrètement ?

    Une école inclusive permet aux enfants, qu’ils soient ou non en situation de handicap, de grandir et d’apprendre ensemble, dans leur école de quartier ou de leur village. Ils et elles partagent des moments communs, en classe, lors des pauses et des sorties scolaires.  Les enfants en situation de handicap ne sont pas systématiquement scolarisé·s dans la même classe que leurs camarades, mais bénéficient d’un enseignement adapté à leurs besoins et à leurs capacités. Les structures spécialisées demeurent toutefois nécessaires pour certains enfants nécessitant un soutien médical renforcé. Enfin, il est essentiel que les enfants, dans leur majorité, puissent fréquenter l’école de leur quartier ou de leur village.

  • Est-ce que l’école inclusive fonctionne vraiment ?

    Oui. Comme le montre l’histoire de Nadji, et comme le confirme la recherche, l’inclusion scolaire fonctionne. En raison de différences selon les cantons et les communes, certaines familles expérimentent des parcours très différents. Souvent, les conditions nécessaires à une inclusion réussie (intérêt et motivation des personnes impliquées, ressources à disposition, etc.) font défaut. Quoi qu’il en soit, l’école inclusive, ancrée dans le droit national et international, fonctionne : le canton du Tessin, où elle est généralisée depuis les années 2010, en est un exemple parlant, avec des résultats scolaires PISA supérieurs à la moyenne suisse.

  • Que pense le corps enseignant de l’inclusion ?  

    L’Association faîtière des enseignant·e·s de Suisse alémanique (LCH) et le Syndicat des enseignant·e·s de Suisse romande (SER) soutiennent depuis plusieurs années le principe de l’inclusion scolaire, à condition que les moyens nécessaires soient mis à disposition.  Contrairement à certaines critiques relayées dans les médias, les enseignant·e·s ne rejettent pas massivement l’inclusion. Le manque de ressources et de locaux adaptés sont les éléments principaux pesant sur leur satisfaction professionnelle.  Enfin, l’étude de satisfaction de la LCH menée en 2024 auprès de plus de 16’000 enseignant·e·s alémaniques montre notamment que la collaboration avec les spécialistes n’est pas la problématique principale.

     

  • L’inclusion pénalise-t-elle les autres élèves de la classe ? 

    Non. Les recherches disponibles ne montrent pas d’effet négatif de l’inclusion sur les apprentissages ou les compétences sociales des autres élèves. L’idée selon laquelle les élèves les plus avancés seraient « ralentis » par la présence d’enfants en situation de handicap ne résiste pas aux données scientifiques : ils progressent eux aussi dans les classes inclusives. Le Tessin en est un exemple parlant : il a fait le choix d’une école largement inclusive, tout en obtenant des résultats PISA supérieurs à la moyenne suisse.

  • Plus de moyens suffisent-ils à faire fonctionner l’inclusion scolaire ?

    Les moyens sont indispensables mais ils ne font pas tout. L’engagement des personnes impliquées et leur collaboration sont tout aussi déterminants. Par ailleurs, le manque de ressources pour la formation intégrative des enseignant·e·s est l’un des points les plus critiqués par ces dernier·ère·s (étude LCH 2024).  En clair, des moyens suffisants, une réelle volonté d’inclure ainsi qu’une formation adaptée du corps enseignant font partie des conditions essentielles à la réussite d’un parcours scolaire inclusif.

  • Qui bénéficie de l'école inclusive ?

    Tout le monde. Les enfants en situation de handicap bénéficient d’un environnement scolaire qui leur permet d’apprendre avec leurs camarades et de rester intégrés à leur communauté. De leur côté, leurs camarades peuvent développer de précieuses compétences sociales et apprendre à vivre avec la diversité. L’inclusion est bénéfique pour la classe entière : les outils et adaptations mis en place pour un·e élève profitent souvent à toute la classe, et permettent de décharger l’enseignant·e. Le co-enseignement, avec la présence d’un·e second·e professionnel·le en classe, allège la charge de travail et permet de développer de nouvelles approches pédagogiques. Les parents y gagnent également : les familles d’enfants en situation de handicap peuvent se sentir davantage intégrées dans la vie de leur quartier, tandis que les autres familles sont sensibilisées à leur tour à la diversité. Enfin, les bénéfices dépassent le cadre scolaire. En favorisant une meilleure inclusion sociale et scolaire dès l’enfance, on facilite aussi, à terme, l’accès des personnes en situation de handicap au marché du travail. Cela peut profiter à la fois aux employeur·euse·s et aux employé·e·s, tout en réduisant le recours aux prestations sociales.

  • L’école inclusive est-elle une idée récente ?

    Non. L’inclusion scolaire est discutée et documentée depuis plusieurs décennies.  Les premières recherches et les premiers textes internationaux remontent aux années 1970. L’Italie, par exemple, a mis en place un système scolaire inclusif dès 1977. L’idée d’une école inclusive n’est donc pas une mode récente :  son principe, ses conditions de réussite et ses bénéfices font l’objet de recherches depuis plus de cinquante ans.

     

  • L’école inclusive coûte-t-elle cher ?

    Pas nécessairement. Actuellement, la Suisse finance deux systèmes parallèles : l’école ordinaire et l’enseignement spécialisé. Le coût de ce double système est particulièrement élevé.  L’inclusion vise au contraire à rapprocher ces deux systèmes et à mieux mutualiser les ressources. Elle nécessite toutefois des moyens, de la formation et des aménagements. Mais une utilisation plus efficace des ressources existantes peut limiter les coûts supplémentaires. Avec la baisse démographique attendue, des locaux qui se libéreront dans les écoles ordinaires pourraient par exemple être réaffectés à des dispositifs inclusifs, sans nécessiter de nouvelles constructions. Le Tessin montre par ailleurs qu’une politique d’inclusion peut être développée, même dans un contexte financier contraint.

  • Dans quel environnement les enfants en situation de handicap s'épanouissent-ils le mieux ?

    Pour la grande majorité d’entre eux, dans un environnement inclusif, à condition que celui-ci soit adapté à leurs besoins. Cela ne signifie pas que l’enseignement spécialisé n’a plus sa place. Certains enfants ont besoin d’un accompagnement particulièrement important, notamment pour des raisons médicales. Dans ces situations, une scolarisation dans un établissement spécialisé peut être la meilleure solution.